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Covid-19 : cinq minutes pour comprendre pourquoi l’Europe se permet de retenir les vaccins d’autres

Les pays européens reprochent des retards de livraisons au labo AstraZeneca. L’Italie a été la première à réagir en bloquant sur son sol des stocks de ses vaccins destinés à l’Australie.

Après les masques, les vaccins ? Près d’un an plus tard, un petit climat de guerre commerciale flotte de nouveau sur les commandes passées entre l’Europe et le reste du monde. Cette fois, dans le rôle de l’exportateur, l’UE assume son choix de figer des doses anti-Covid19 fabriquées sur son sol, en vertu d’un mécanisme - contesté par certains - visant à garantir son approvisionnement.

Jeudi 4 mars, l’Italie a ainsi annoncé avoir bloqué l’exportation de plus de 250 000 doses AstraZeneca, que le laboratoire britannique souhaitait livrer à l’Australie. Cette décision, soutenue par la Commission européenne, pourrait faire des émules. La France assure qu’elle n’hésitera pas à faire de même une fois que des vaccins seront produits sur son sol. On fait le point sur ce débat brûlant.

Comment se justifie l’Italie ?

Le chef de la diplomatie transalpine Luigi Di Maio a mis en cause, le 5 mars, des « retards inacceptables » d’AstraZeneca. Parmi les trois vaccins actuellement distribués en Europe (en attendant celui de Johnson & Johnson qui doit être validé par l’Agence européenne des médicaments jeudi), c’est celui de l’industriel britannique qui a présenté le plus de retards de livraisons. Au premier trimestre, un tiers seulement des 120 millions de doses initialement promisesdevraient être livrées aux pays européens. Alors que l’Italie espérait près de 16 millions de doses sur ce premier trimestre (les livraisons européennes sont réparties au ratio de la population), seules 5,4 millions sont finalement attendus, selon le dernier tableau officiel de commandes.


« Cette décision a été prise dans un contexte bien particulier, à savoir celui d’AstraZeneca, qui enregistre des retards assez lourds et hypothèque de façon très directe la campagne de vaccination dans les pays européens », justifie une source qui suit de près le dossier en France. L’économiste de la Santé Frédéric Bizard juge cette décision d’autant plus forte que « Mario Draghi [le Premier ministre italien] n’a pas la réputation d’un va t’en guerre ». « À partir du moment où l’Europe considère qu’il n’y a pas de respect du contrat, cette décision peut se comprendre », juge-t-il.

Sur quel mécanisme est basée cette décision ?

Elle est rendue possible par le « règlement d’exécution 2021/111 » du 29 janvier. Celui-ci prévoit de n’autoriser des exportations de doses « que si leur volume n’est pas tel qu’il constitue une menace pour l’exécution de contrats d’achat anticipé conclus par l’Union avec des fabricants de vaccins ». Les ventes à des pays européens mais non membres de l’UE ou qui profitent du dispositif de soutien Covax ne sont pas concernées par ce dispositif. Mais l’Australie ne fait pas partie de ces pays considérés comme vulnérables. Un Etat ne peut agir en vertu de ce règlement que si la demande concerne des doses produites sur son sol. « La France ne pourrait pas demander seule une interdiction d’exportation de doses fabriquées en Italie », résume-t-on à la Commission européenne.

Le 26 février, l’Italie a donc envoyé à la Commission européenne sa proposition de ne pas autoriser l’exportation des doses à l’Australie. Quatre jours plus tard, cette intention été validée et soutenue par l’Europe. C’est la première fois qu’un tel blocage est décidé en vertu de ce mécanisme, qui peut en théorie être activé pour tous les vaccins (et pas seulement AstraZeneca). « Ce n’était pas un cas isolé », a fait savoir lundi au journal allemand WirtschaftsWoche la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Cela témoigne d’une relation très détériorée et d’une perte de confiance entre les autorités européennes et certains laboratoires, puisqu’on en vient à utiliser la méthode la plus brutale. Mais on peut comprendre que, pour défendre l’intérêt de ses concitoyens, l’Europe en vienne à prendre des mesures contraires à ses valeurs de libre-échange », juge Frédéric Bizard. Fin janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait, à l’inverse, réprouvé l’initiative, y voyant « une tendance très alarmante ». « C’est toujours un sujet d’inquiétude de voir […] restreindre l’exportation de ce qu’on peut considérer comme un bien public mondial », s’était émue Mariângela Simão, sous-directrice générale de l’organisation, chargée de l’accès aux médicaments.

Le mécanisme est prévu pour durer jusqu’au 31 mars mais la Commission européenne compte proposer de le prolonger, d’après nos informations. « On l’a créé de façon temporaire avec l’idée qu’il y aurait fin mars un rattrapage des niveaux de production et qu’on atteindrait un rythme de croisière, mais on va s’adapter », indique une source. Fin février, AstraZeneca avait démenti l’information de Reuters selon laquelle il s’attendait à livrer à l’Union européenne moins de la moitié des doses prévues au deuxième trimestre.

La France a-t-elle déjà agi comme l’Italie ?

Pour le moment non, assure le ministère de l’Économie et des Finances, interrogé ce mardi midi par Le Parisien. Mais « cela ne présage pas de ce que fera la France dans un cas semblable à celui de l’Italie », poursuit-on à Bercy. Interrogé vendredi 5 mars sur RMC et BFMTV, le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà dit « comprendre l’Italie » et assuré que la France « pourrait faire la même chose ».

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De toute façon, aucune production de vaccin n’a encore débuté sur le sol français. Le premier partenariat à entrer en vigueur pour la mise en flacons de doses devrait être celui conclu entre le laboratoire Pfizer et le groupe industriel Delpharm. « On prévoit un début de production dans les deux semaines qui viennent, avec de premiers lots livrés pour le mois d’avril », indique-t-on à Bercy. L’alliance entre Moderna et Recipharm devrait, elle, se concrétiser « un peu plus tard ». Début février, la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, avait à l’inverse indiqué que Moderna serait embouteillé en France « courant mars », puis Pfizer « courant avril ».



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