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Tout savoir à date que les vaccins.

Par Santé Magazine

Le vaccin AstraZeneca vient d'être suspendu en France, au moins jusqu'au 16 mars. Trois vaccins restent actuellement disponibles en France : ceux des laboratoires Pfizer/BioNTech, Moderna et Johnson & Johnson. Quels vaccins pour quels publics en France ? Où se faire vacciner ? Quels sont les risques d'effets secondaires ? Peut-on envisager la mise en place d'un passeport vaccinal ? Où en est le développement d'autres candidats-vaccins ? ⤵️


Vaccin AstraZenexa et effets indésirables : ce qu'il faut savoir

La France a ainsi suivi l’exemple de plusieurs autres pays européens ayant constaté l’apparition de caillots sanguins, chez des personnes vaccinées (notamment l'Allemagne, l'Italie, le Danemark, la Norvège, l'Irlande, la Bulgarie, l'Islande, les Pays-Bas, la Thaïlande, etc). Une enquête a été ouverte par l'Agence européenne du médicament (EMA).

"Un examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles de plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni avec le vaccin AstraZeneca n'a montré aucune preuve d'un risque accru d'embolie pulmonaire, de thrombose veineuse profonde ou de thrombocytopénie, dans aucun groupe d’âge, de genre, de lot ou de pays particulier" a assuré le laboratoire AstraZeneca dans un communiqué paru dimanche 14 mars. Il existe "des preuves très rassurantes qu’il n’y a pas d’augmentation du phénomène de caillot sanguin ici au Royaume-Uni, où la plupart des doses en Europe ont été administrées jusqu’à présent", a déclaré le Pr Andrew Pollard (directeur du Oxford Vaccine Group qui a développé le vaccin avec AstraZeneca), lundi 15 mars, au micro de la BBC.


D'autres pays ont suspendu l'utilisation de certains lots du vaccin. C'est notamment la cas de l'Autriche qui a suspendu le lot ABV5300 suite à la survenue de deux cas graves de trouble de la coagulation, dont un décès et une embolie pulmonaire. Ce même lot a été distribué dans 17 pays en Europe, dont la France, a indiqué l'Agence nationale du médicament (ANSM) dans un communiqué publié le 13 mars. Plusieurs des pays concernés (Estonie, Lituanie, Luxembourg et Lettonie) ont suspendu ce lot par mesure de précaution.

En France, "rien n'indique à ce stade qu'il y a un problème spécifique avec le lot ABV5300 ni que la vaccination a provoqué ces effets, qui ne figurent pas parmi les effets secondaires de ce vaccin" indique l'ANSM. Elle ajoute que "parmi les cas d'effets indésirables recueillis concernant le lot ABV5300 depuis le début de la vaccination, il n'y a pas de cas de décès, pas de cas de mise en jeu du pronostic vital et il n'y a pas non plus de cas de thrombose et de thrombopénie".

L'Italie a par ailleurs suspendu temporairement l'utilisation d'un autre lot du vaccin AstraZeneca (lot ABV2856), non-distribué en France.

La vaccination en pharmacie également suspendue

Qui peut être vacciné en pharmacie ?


"Les pharmaciens d'officine peuvent prescrire les vaccins [...] à toute personne, à l'exception des femmes enceintes, des personnes présentant un trouble de l'hémostase et des personnes ayant des antécédents de réaction anaphylactique à un des composants de ces vaccins ou ayant présenté une réaction anaphylactique lors de la première injection", indique le décret du 5 mars.

Étant donné le nombre de doses disponibles, seuls certains publics sont actuellement autorisés à être vaccinés en pharmacie :

  • les personnes de plus de 75 ans,

  • les personnes de plus de 50 ans présentant des comorbidités (pathologies cardio-vasculaires, diabètes, pathologies respiratoires chroniques, obésité, etc)

  • et les adultes de moins de 50 ans atteints d'une pathologie à très haut risque de forme grave du Covid-19 (cancers, maladies rénales chroniques sévères, maladies rares, trisomie 21, etc).


Les personnes de 50 à 74 ans qui ne présentent pas de pathologie particulière pourront officiellement se faire vacciner en pharmacie dès le mois d'avril. Mais comme aucune dose ne doit être gaspillée, il se peut que certains pharmaciens soient amenés à vacciner plus tôt des 50-74 sans comorbidités.


Quels vaccins disponibles en pharmacie ? À quel prix ? Faut-il une ordonnance ?

Seul le vaccin AstraZeneca/Oxford peut actuellement être administré en pharmacie. Dans un second temps, en fonction de la disponibilité des doses et des moyens logistiques, les pharmaciens pourront proposer le vaccin "Janssen" du laboratoire Johnson & Johnson ou des vaccins à ARN messager (Pfizer-BioNTech et Moderna).

Les injections sont gratuites pour le patient : les pharmaciens facturent directement la prestation à l’Assurance maladie, via la carte vitale, selon le même principe que pour les tests RT-PCR.

Tous les pharmaciens déjà formés à la vaccination peuvent vacciner contre la Covid-19. La vaccination se déroule dans un espace dédié au sein de la pharmacie, comme c'est déjà le cas pour la vaccination contre la grippe. Les patients restent sous surveillance une quinzaine de minutesaprès l'injection afin de détecter la survenue d’une réaction anaphylactique. Aucune ordonnance n’est nécessaire pour se faire vacciner en officine, mais il faut prendre rendez-vous.


Comment prendre rendez-vous pour se faire vacciner en pharmacie ?

En pratique, toutes les pharmacies qui vaccinent contre la grippe peuvent vacciner contre la Covid-19. La prise de rendez-vous peut être faite directement en pharmacie, par téléphone, ou via l’application covid-pharma.fr qui référence les pharmacies partenaires. Les pharmacies qui proposent ce service sont aussi référencées sur le site internet sante.fr.

Bientôt un pass sanitaire en France et un certificat sanitaire européen ?

Conscient de la discrimination et de l’injustice qu’engendrerait la mise en place d’un passeport vaccinal (qui nécessite d’avoir pu se faire vacciner), le Chef de l’Etat a évoqué, jeudi 27 février, la mise en place d’un "pass sanitaire" en vue de la réouverture des structures fermées jusqu'alors (cinémas, restaurants, bars, théâtres et autres lieux culturels). Concrètement, de quoi parle-t-on ? Pour le Chef de l’Etat, il s’agirait d’un dispositif numérique, qui requerrait par exemple de s’inscrire sur une plateforme, ou via l’application Tous Anti Covid. A l’entrée d’un restaurant, d’un cinéma ou de tout autre lieu de rencontres et de promiscuité, il faudra alors scanner un QR code pour y pénétrer.

"Si on arrive à rouvrir certains lieux, nous ne saurions conditionner leur accès à une vaccination, alors que nous n’aurions même pas ouvert la vaccination aux plus jeunes", a souligné Emmanuel Macron. Un pass sanitaire lui semble donc être une meilleure option. Il pourrait notamment comprendre les résultats de tests PCR récents, le certificat de vaccination contre la Covid-19, ou encore des informations relative à l’état de santé général de l’utilisateur. En clair, il s’agira de savoir si l’individu est à risque d’être porteur de la Covid-19 ou si ses données sont rassurantes, du fait d’un test récent, de l’absence de symptômes, du fait de ne pas être cas contact, etc. On peut imaginer que le fait d’avoir déjà eu la Covid-19 pourrait être indiqué sur le pass.


Si l’idée semble intéressante, elle doit cependant être affinée et pose un certain nombre de questions : qui des personnes qui n’ont pas de smartphone, ou dont le smartphone est trop "ancien" pour télécharger l’appli Tous Anti Covid, quis des variants, de l’efficacité des vaccins, des données ainsi stockées ? Le pass sanitaire sera-t-il obligatoire pour avoir accès à certains lieux ? Autant de questions auxquelles il faudra sans doute répondre dans les prochains mois.

À quoi pourrait ressembler le certificat sanitaire européen ?

La Commission européenne présentera, mercredi 17 mars, une proposition de passeport sanitaire, le "certificat vert numérique", qui doit permettre aux voyageurs vaccinés, testés négatifs à la Covid-19 ou guéris, de se déplacer plus facilement au sein de l’Union européenne. Ce document sera doté d'un QR code, disponible gratuitement dans la langue de chaque pays et traduit en anglais.

Il ne prendrait en compte que les vaccins "validés par l’Agence européenne des médicaments", indiquent nos confrères d'Euronews. Autrement dit, ceux de Pfizer BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson, mais pas Spoutnik V ou Sinopharm. "Les citoyens de l’UE vaccinés avec les sérums russe et chinois ne pourraient pas bénéficier des facilités de déplacement envisagées par ce dispositif", poursuit le média.


Ce document "sera valable dans tous les pays de l'Union européenne" et pourrait être mis en place dès juin 2021 pour "préserver la saison touristique", a dévoilé Thierry Breton (commissaire européen au Marché intérieur), dimanche 14 mars. Invité du Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos, il précise que le certificat se présentera "soit sous forme électronique, soit papier, pour respecter ceux qui n'ont pas envie de mettre ça sur leur smartphone, et c'est leur droit".

Développement et autorisations de vaccins contre la Covid-19 : où en est-on ?

Les premiers vaccins contre la Covid-19 ont été mis sur le marché un an à peine après la découverte du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la pandémie. La piste d'une immunité croisée grâce à d'autres vaccins a été écartée : "Les vaccins spécifiques ont toujours plus de chance d’atteindre une efficacité élevée", indique la Dre Marie-Paule Kieny, vaccinologue, directrice de recherche à l’Inserm et présidente du comité scientifique Vaccin Covid-19.

Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (12 mars), 182 vaccins seraient au stade d'évaluation préclinique et 81 candidats-vaccins seraient en phase d’essais cliniques sur l'Homme. Pour rappel, le seuil d'efficacité minimal fixé par l'OMS est de 50 %. Certains vaccins sont déjà disponibles, ou devraient l'être dans les mois à venir. Le point sur les principaux vaccins :

Le vaccin Pfizer-BioNTech, autorisé en France


Le vaccin Comirnaty, BNT162b2, (à ARNm) mis au point par les laboratoires Pfizer-BioNTech, a été autorisé fin décembre par l'Agence européenne des médicaments (AEM), puis par la Haute Autorité de Santé en France. Deux injections sont nécessaires pour garantir son efficacité et le sérum doit être conservé à -80 °C. Contrairement à l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), le gouvernement a décidé de maintenir le délai entre les deux injections à 21 ou 28 jours, soit 3 à 4 semaines.

Mi-novembre, c'est par communiqué de presse, après analyse des résultats de leurs essais cliniques de phase III, que les deux laboratoires avaient annoncé que leur candidat-vaccin était efficace à 95 %. Il a fallu attendre le 10 décembre pour que les résultats de ces données cliniques soient validés par une revue scientifique très cotée outre-Atlantique,The New England Journal of medecine. "Les anticorps des personnes ayant reçu le vaccin neutralisent efficacement le SRAS-CoV-2 avec unemutation clé qui se trouve également dans deux souches hautement transmissibles" identifiées en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, a indiqué le laboratoire dans un communiqué publié le 8 janvier.

Un vaccin moins efficace chez les personnes obèses ? Selon une équipe de chercheurs italiens, l'obésité peut entraîner une inflammation constante du système immunitaire, altérant sa fonction. À titre de comparaison, chez les personnes en bonne santé, il ne déclenche l'inflammation que lorsqu'il combat une infection. Leur étude n’a pas encore été validée par des paires, mais au regard de ces résultats, les chercheurs indiquent que les personnes obèses pourraient avoir besoin d'un autre vaccin d'appoint ou de doses plus importantes pour les protéger contre la maladie. Ils rappellent également que les maladies ont plus de risques de souffrir de comorbidités (diabète, hypertension, etc) qui les rendent vulnérables. Par le passé, de précédentes recherches avaient suggéré que le vaccin contre la grippe pouvait être deux fois moins efficace chez les personnes en surpoids sévère.

A lire aussi : Covid-19 : quelles sont les personnes les plus "à risque" ?


Le vaccin Moderna, autorisé en France

L'Agence américaine du médicament a été la première à autoriser le 18 décembre la mise sur le marché du vaccin du laboratoire Moderna, mRNA-1273, (à ARN messager). L'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert le 6 janvier, suivi deux jours plus tard par celui de la Haute Autorité de santé en France.

Ce vaccin s'administre en deux doses espacées de 28 jours et sa formule est moins complexe à conserver : il peut être conservé jusqu'à six mois dans un congélateur, à -20 °C, puis jusqu'à trente jours dans un réfrigérateur avant utilisation. Selon l'analyse préliminaire publiée par lelaboratoire le 16 novembre, ce vaccin serait efficace à 94,5 %. Selon une étude publiée le 3 décembre dans la revue The New England Journal of Medicine, le vaccin confèrerait au moins trois mois d'immunité.

Permet-il de protéger contre les variants du Covid-19 ? Dans un communiqué paru le 24 février, la société a annoncé qu'une version modifiée de son vaccin, spécialement développée contre le variant sud-africain, était prête à être testée sur des humains dans le cadre d'essais cliniques. "Moderna a envoyé des doses de son vaccin candidat spécifique contre le variant (...) d'abord identifié en Afrique du Sud aux NIH (Instituts nationaux de santé américains, NDLR), pour une étude clinique", indique l'entreprise. Et d’ajouter : "Dans notre combat contre la Covid-19, nous devons êtres vigilants et proactifs au sujet des nouveaux variants du SARS-CoV-2 qui émergent. Moderna s'engage à faire autant de modifications à notre vaccin que nécessaire, jusqu'à ce que la pandémie soit sous contrôle". L'Agence américaine des médicaments a indiqué que les fabricants n'auront pas à passer à nouveau le long processus d'autorisation pour les vaccins déjà approuvés, en cas de modification.


Le vaccin AstraZeneca/Oxford, suspendu temporairement en France et dans plusieurs pays

Le vaccin d'Oxford-AstraZeneca (AZD1222) est le troisième vaccin à avoir été autorisé en Europe (feu vert donné le 29 janvier 2021) et en France (2 février). Il s'agit d'un vaccin à protéines virales (technologie plus classique) qui peut être conservé au réfrigérateur. Deux doses sont nécessaires, avec un espacement de 12 semaines recommandé par la HAS. Son "efficacité est satisfaisante (entre 62% et 70% selon les études), sa tolérance est très bonne", précise la HAS. Les résultats des essais cliniques de phase III, publiés le 8 décembre dans la revue scientifique The Lancet, n'ont relevé quasiment aucun effet indésirable grave chez les receveurs du vaccin.En France, son utilisation a été autorisée pour les personnes de plus de 50 ans souffrant de comorbidités. Lundi 15 mars, Emmanuel Macron a décidé de suspendre son utilisation à titre préventif, jusqu’à ce qu’un avis européen soit émis mardi 16 mars.

Le vaccin "Janssen" du laboratoire Johnson & Johnson, autorisé en France

Le vaccin à protéines virales du laboratoire américain Johnson & Johnson a reçu le feu vert de l'Agence européenne des médicaments, jeudi 11 mars. En France, la Haute autorité de santé (HAS) a validé cette décision le lendemain. Il s’agit d’un vaccin à injection unique qui ne requiert pas de très basses températures pour sa conservation (entre 2 et 8 degrés).

Mardi 24 février, l’Agence américaine des médicaments (FDA) a confirmé son efficacité à 85,9 %contre les formes graves de la maladie aux États-Unis. Le sérum serait également efficace contre les formes graves à 81,7 % en Afrique du Sud et à 87,6 % au Brésil. Toutes régions de l’essai clinique confondues, l’efficacité du vaccin 28 jours après la vaccination était de 85,4 % contre les formes sévères de la maladie. Elle reste de 66,1 % contre les formes modérées du Covid-19.


Le vaccin russe Spoutnik V, évalué par l'Agence européenne des médicaments

Spoutnik V, le vaccin russe développé par le National Research Center for Epidemiology and Microbiology du ministère de la Santé russe (Centre Gamaleya), serait efficace à 91,6 % selon des résultats publiés le 2 février dans la revue The Lancet et validés par des experts indépendants. Le vaccinavait commencé à être distribué à Moscou, dès le 5 décembre 2020, mais suscitait la réserve des pays européens, notamment en raison d'un manque de données. Ce vaccin est utilisé en Russie, mais aussi dans une dizaine de pays dont l'Argentine, le Mexique ou le Nicaragua. Administré en deux injections, il repose sur une technologie à base virale (technique similaire à celle du vaccin d'AstraZeneca) et peut être conservé sous forme lyophilisée, au frigo, entre 2 et 8 °C.


Les autorités russes ont déposé une demande d'autorisation dans l'Union européenne le 20 janvier 2021. Elles se disent prêtes à fournir des vaccins à 50 millions d’Européens d’ici le mois de juin. L'Agence européenne des médicaments a débuté son examen le 4 mars 2021. "Pour le moment, nous n'avons pas de données sur les effets secondaires concernant les personnes vaccinées", a déclaré Christa Wirthumer-Hoche, présidente du conseil de direction de l'Agence européenne du médicaments, interrogée le 7 mars par la chaîne de télévision autrichienne ORF. "Nous sommes dans l'inconnu et c'est pourquoi je déconseille vivement de délivrer une autorisation nationale en urgence", a-t-elle ajouté, invitant les pays à attendre le feu vert du régulateur européen.

Mardi 9 mars, la Chambre de commerce italo-russe a confirmé que Spoutnik V allait être produit en Italie à partir du mois de juillet, dans les usines de l'entreprise pharmaceutique italo-suisse Adienne en Lombardie à Caponago près de Monza. Dix millions de doses seront produites entre le 1er juillet et le 1er janvier 2022, il s’agit du premier accord au niveau européen pour la production sur le territoire de l'UE du vaccin Spoutnik". Le ministère italien de la Santé n'a pas encore réagi. Suite à cette annonce, le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré que l'Union européenne n'instrumentalisait "pas les vaccins à des fins de propagande" à l'instar de la Russie et de la Chine, mais "promeut des valeurs". Et d'ajouter : "Ne nous laissons pas leurrer par la Chine et la Russie, régimes aux valeurs moins enviables que le nôtre, lorsqu'elles distillent des opérations très limitées mais largement médiatisées".

Mardi 19 janvier, l'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor a annoncé que l'efficacité d'EpiVacCorona, le deuxième vaccin russe anti-Covid-19, était de 100% (d'après les résultats des phases 1 et 2 d'essais cliniques).

Un nouvel essai clinique pour le vaccin de Sanofi et de GSK


Les deux laboratoires ont développé un vaccin plus traditionnel, à base de protéine recombinante avec adjuvant, supposée conférer une immunité plus forte et plus durable contre les infections​​​​​​. Mais les résultats intermédiaires des essais lancés sur l'homme en septembre ont montré une réponse immunitaire inférieure aux attentes, notamment chez les personnes âgées. Une déception qui a conduit les deux laboratoires à annoncer que leur vaccin ne pourra être prêt que fin 2021 (communiqué de Sanofi,11 décembre 2020).

Lundi 22 février, le laboratoire a annoncé un nouvel essai clinique de phase 2 pour "identifier la formulation vaccinale définitive pour les adultes, toutes tranches d’âge confondues", indique le groupe dans un communiqué. Le laboratoire espère pouvoir commercialiser le vaccin dès le quatrième trimestre. "Cette nouvelle étude de phase II est une étude de recherche de dose multicentrique, randomisée, en double aveugle, dans le but d’évaluer la tolérance, la réactogénicité et l’immunogénicité de deux injections administrées à 21 jours d’intervalle. Un nombre équivalent d’adultes âgés de 18 à 59 ans et d’adultes de plus de 60 ans seront recrutés dans l’étude", détaille le communiqué.

Parallèlement à cette nouvelle étude de phase II, Sanofi a également commencé des recherches sur les nouveaux variants. Mais le laboratoire ne s’arrête pas là. Il cherche à développer un autre vaccin, cette fois avec la société américaine Translate Bio. Ce vaccin devait être prêt "au plus tôt au deuxième semestre 2021". Mardi 26 janvier, dans une interview accordée au Figaro, le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, a également annoncé que son laboratoire commencera à mettre en flacons le produit de Pfizer/BioNTech dans son usine dès le mois de juillet 2020.

Le vaccin de Sinopharm Le groupe chinois Sinopharm a annoncé, mercredi 30 décembre, que l’un de ses vaccins contre la Covid-19 était efficace à 79,43 %. Deux doses sont nécessaires à un minimum de 28 jours d'intervalle pour garantir l'efficacité de ce vaccin "inactivé". Il s'agit du premier pharmacien chinois à communiquer des données concernant l’efficacité d’un vaccin en préparation, mis au point à Pékin par le laboratoire CNBG. Cinq vaccins chinois sont actuellement en cours d’essais cliniques de phase 3.Le candidat-vaccin "CoronaVac" du laboratoire Sinovac Biotech est le plus avancé.

En juin 2020, la Chine administrait déjà le vaccin de la société CanSinoBIO à de nombreux militaires. Depuis, de nombreuses villes (Yiwu, Shaoxing, Ningbo, etc) ont mis à disposition le vaccin du laboratoire Sinovac Biotech dans le cadre de campagnes de vaccinations d'urgence, notamment pour les personnels soignants ou les personnes voyageant à l'étranger pour le travail.

En France l’Institut Pasteur a stoppé son principal projet de vaccin

Fin janvier, l'Institut Pasteur a annoncé qu’il arrêtait le développement de son principal projet de vaccin contre la Covid-19. Le vaccin utilisait comme base le vaccin contre la rougeole. Les essais de phase I menés en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique MSD (Merck Sharp and Dohme) depuis août 2020 se sont avérés moins concluants que prévu.


"Dans ces études de première administration chez l’homme, le candidat-vaccin a été bien toléré, mais les réponses immunitaires induites se sont avérées inférieures à celles observées chez les personnes guéries d’une infection naturelle ainsi qu’à celles observées avec les vaccins déjà autorisés", indique l’institut de recherche français dans un communiqué.

Le laboratoire poursuit néanmoins ses essais précliniques (pas encore menés sur l'Homme) pour deux autres projets de vaccin : "Le premier, administrable par voie nasale, est développé avec la société de biotechnologie TheraVectys [...] Le second est un candidat vaccin à ADN".

Vers un vaccin universel ?

Face à l’émergence des variants, les chercheurs continuent leurs tests pour déterminer si les vaccins déjà disponibles sur le marché sont efficaces contre les nouvelles formes du virus. La société Phylex Biosciences travaille actuellement à l’élaboration d’un sérum qui pourrait constituer un "vaccin universel".


Mercredi 17 février, Pascal Brandys, PDG de la société, a expliqué au micro d’Europe 1 comment fonctionnait ce nouveau produit qui contient un antigène "plus puissant par rapport aux vaccins actuels mais surtout polyvalent". Le PDG de l’entreprise assure que ce sérum pourrait "être en mesure d'être efficace contre un très grand nombre de variants". Une solution qui permettrait d’éviter d’être en retard face au Covid-19 à chaque fois qu’une mutation se déclare.

Pour le moment, ce dispositif en est à la phase de test : "On termine la recherche préclinique, c'est-à-dire démontrer l'efficacité du vaccin sur les animaux. Maintenant, il faut produire ce vaccin avec des lots cliniques susceptibles d'être administrés chez l'homme et obtenir les autorisations de faire un essai clinique de phase 1 et de phase 2". Ce vaccin universel pourrait être administré aux premiers patients vers la fin de l’année. Ce n’est pas la seule start-up à travailler à l’élaboration d’un vaccin universel. A Lyon, le laboratoire Osivax cherchait déjà à élaborer un vaccin antigrippal universel ces dernières années. Avec l’épidémie mondiale, le laboratoire a réorienté ses recherches pour se pencher désormais sur l'élaboration d'un bouclier efficace contre toutes les mutations du Sars-CoV-2.

"Le vaccin seul ne mettra pas fin à la pandémie [...] les personnes devront toujours être testées, isolées et soignées, les contacts devront toujours être recherchés et mis en quarantaine, […] les individus devront toujours être prudents", a rappelé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 16 novembre 2020.

Vaccins anti-covid-19 : quels sont les risques d'effets secondaires ?

Comme les médicaments, les vaccins peuvent être responsables d'effets indésirables plus ou moins graves. Quelques effets secondaires (attendus) ont été recensés lors des essais cliniques, "comme des douleurs ou un gonflement au niveau du bras, une inflammation au point d’injection, des nausées ou des maux de tête", précise la Dre Marie-Paule Kieny. Ces réactions peuvent êtres liées à un adjuvant tel que les sels d'aluminium, l'inuline ou le squalène présents dans certains vaccins. Des réactions plus "générales" peuvent survenir, comme de la fièvre, un malaise, des douleurs musculaires ou des maux de tête.


Ces effets indésirables apparaissent en grande majorité dans les heures qui suivent l'administration du sérum et disparaissent spontanément dans les 24h. Les vaccins à ARNm seraient notamment plus réactogènes que les vaccins contre la grippe, mais les effets indésirables restent acceptables.

Quels effets indésirables avec le vaccin Pfizer/BioNTech ?

Dans son dernier point de surveillance (12 mars), l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rapporte8 487 cas d'effets indésirables analysés par les Centres régionaux de pharmacovigilance, dont 78% non graves, sur un total de plus de 4 566 000 vaccinations réalisées depuis le début de la campagne jusqu'au 4 mars.

L'analyse confirme que les syndromes pseudo-grippaux (fièvre, fatigue, maux de tête) sont plus fréquemment rapportés après la seconde dose. Des cas de zona, le plus souvent non graves, continuent d'être rapportés. Ces infections sont habituellement fréquentes dans la population générale. Cependant ce signal potentiel sera surveillé dans le cadre des prochains rapports et partagé au niveau européen", indique l'Agence.


Concernant les effets indésirables graves, on constate des troubles du rythme cardiaque(tachycardie, fibrillation auriculaire) (232 cas au total), des AVC (72 cas).

En ce qui concerne l'hypertension artérielle, "sur cette nouvelle période de suivi, il est observé 51 nouveaux cas graves d’élévation de la pressionartériellepour un total de 183 cas graves. Ces effets restent d’évolution rapidementfavorable en quelques heures à quelques jours, de façon spontanée, ou après initiation ou adaptation du traitement antihypertenseur."

À noter, début décembre, les autorités britanniques déconseillaient le vaccin en cas d'antécédents allergiques sévères à un vaccin, à un médicament ou à un aliment.

Quels effets indésirables avec le vaccin Moderna ?


Dans ce dernier point de surveillance (12 mars), l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rapporte 302 cas d'effets indésirables analysés par les Centres régionaux de pharmacovigilance (sur un total de 242 000 vaccinations).

"Ils correspondent pour 236 cas à des réactions de type réactogénicité, locales ou systémiques, sans caractère de gravité et d’évolution rapidement favorable.

Dans une étude parue début mars dans le New England Journal of Medicine, des chercheurs du Massachusetts General Hospital font savoir que les patients ayant bénéficié du vaccin Moderna peuvent faire l'objet d'une réaction cutanée retardée au niveau du site d'injection (plaques rouges, parfois en relief, qui peuvent démanger ou s'avérer douloureuses). Un phénomène bénin, qui n'a pourtant jamais été complètement caractérisé ou expliqué dans les essais cliniques. C'est pourquoi les chercheurs mettent en garde les cliniciens afin que ces derniers puissent correctement guider les patients. "L'hypersensibilité cutanée retardée pourrait être confondue, par les cliniciens comme par les patients, avec une infection cutanée", explique la Pre Erica Shenoy, coauteur de l'étude. "Ces types de réactions, cependant, ne sont pas d'origine infectieuse et ne doivent donc pas être traités avec des antibiotiques."

Cette réaction ne doit toutefois pas compromettre la vaccination dans son ensemble : "Que vous ayez immédiatement ressenti uneéruption cutanée au site d'injection ou que cette réaction cutanée soit retardée, aucune de ces conditions ne devrait vous empêcher de recevoir la deuxième dose du vaccin", explique Kimberly Blumenthal, auteure principale de l'étude. En moyenne, lessymptômes se dissipent après près d'une semaine pour ce groupe de personnes signalé dans la lettre. Les auteurs notent également que des échantillons de peau prélevés grâce à des biopsies cutanées ont confirmé leur suspicion : il s'agit d'une réponse immunitaire allergique retardée couramment observée lors d'autres réactions médicamenteuses.


Quels effets indésirables avec le vaccin AstraZeneca ? Dans son dernier point de surveillance (12 mars), l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rapporte 3 004 cas d’effets indésirables analysés par les Centres régionaux de pharmacovigilance (sur 454 000 vaccinations depuis le 25 février). 72% des effets indésirables sont considérés comme non graves.

"La grande majorité des cas corresponde à des syndromes pseudo-grippaux qui surviennent en majorité dans les 24 heures." Les nouvelles données recueillies confirment les résultats des précédentes semaines, à savoir que ces syndromespseudo-grippaux sont souvent de forte intensité(fièvre élevée, courbatures, céphalées).

Les cas de dyspnée et d’asthme associés à des cas de syndromes pseudo-grippaux font toujours l’objet d’une surveillance particulière.


L'ANSM précise dans son point qu'"un cas de thromboses multiples dans un contexte de CIVD (coagulation intravasculaire disséminée) a été analysé dans le cadre du comité de suivi du 11 mars. Au regard des données disponibles, rien ne permet de conclure que cet effet soit en lien avec le vaccin." Et d'ajouter : "Dans le cadre de la surveillance renforcée, l'ANSM et le réseau français des CRPV portent une attention toute particulière à ces évènements thrombo-emboliques."

Pour rappel, une fois le vaccin distribué, la phase IV des essais cliniques, dite de pharmacovigilance, peut s'ouvrir : les patients et médecins sont invités à signaler d'éventuels effets secondaires non répertoriés aux instances concernées (en France, l'Agence nationale de sécurité du médicament).



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